Dans nos facs, dans nos vies... La crise, nous la payons déja !

Publié le par SUD-Etudiant Lyon

LA FAC SE FERME AUX ENFANTS D’OUVRIERS...

Depuis quel­ques semai­nes, des inquié­tu­des quant au ver­se­ment retardé des bour­ses du mois de novem­bre ont surgi dans le pay­sage média­ti­que. Soudain, on fei­gnait la nou­veauté, le « phé­no­mène d’aujourd’hui ». Nouvelle, vrai­ment, la pré­ca­rité ? Nouvelles, les fins de mois dif­fi­ci­les ?

Qui connaît la fameuse « pré­ca­rité étudiante » sait com­bien les retards de paie­ment sont cou­rants, com­bien une bourse s’avère sou­vent inca­pa­ble de cou­vrir un « coût de la vie » tou­jours plus élevé (+4% entre 2010 et 2011). Malgré les men­son­ges de Wauquiez, minis­tre de l’ensei­gne­ment supé­rieur, le cons­tat est sans appel : les retards de bourse tou­chent l’ensem­ble des étudiant-e-s bour­siers sur le ter­ri­toire avec, bien sou­vent, des consé­quen­ces graves : décou­verts, retards de loyer, impos­si­bi­lité de faire les cour­ses...Plus inquié­tant encore, le gou­ver­ne­ment a « oublié » de déblo­quer les fonds néces­sai­res au ver­se­ment du dixième mois de bourse ! Wauquiez a ainsi beau jeu de pro­cla­mer « l’auto­no­mie » des CROUS en matière de ver­se­ments, quand il orches­tre une pénu­rie géné­ra­li­sée de moyens à l’uni­ver­sité, quand le gou­ver­ne­ment dimi­nue le budget de 21 des 28 CROUS dans son projet de loi de finance pour 2012. Nous ne pou­vons accep­ter que les bour­ses du mois de décem­bre ne soient pas bud­gé­ti­sées, après les retards de ver­se­ment du mois de novem­bre. Nous ne pou­vons accep­ter que les étudiants issus des clas­ses popu­lai­res conti­nuent à payer les consé­quen­ces d’une ges­tion hasar­deuse et iné­qui­ta­ble. Nous devons récla­mer non seu­le­ment le ver­se­ment régu­lier et com­plet des bour­ses déjà dues, mais également l’élargissement des cri­tè­res d’attri­bu­tion et l’aug­men­ta­tion des sommes ver­sées !

... LA FAC S’OUVRE AUX INTERETS PRIVES

Depuis plu­sieurs années main­te­nant, une ava­lan­che de réfor­mes s’abat sur l’uni­ver­sité. LMDE, LRU, RCE, Plan Licence, IDEX... autant de textes rele­vant d’une seule logi­que dénon­cée par plu­sieurs mou­ve­ments étudiants forts et mas­sifs. Il a été dit à de nom­breu­ses repri­ses que ces textes met­taient en place, der­rière un jargon entre­pre­neu­rial indi­geste, une pri­va­ti­sa­tion pro­gres­sive des uni­ver­si­tés. Les graves consé­quen­ces de ces réfor­mes se font déjà sentir. On a ainsi appris, en début d’année uni­ver­si­taire, que 8 uni­ver­si­tés fran­çai­ses (sur 83) étaient en situa­tion de défi­cit, et « béné­fi­ciaient d’un accom­pa­gne­ment par un comité des pairs » qui s’appa­rente en fait à une mise sous tutelle de ces uni­ver­si­tés. Une véri­ta­ble ges­tion des caren­ces est par ailleurs déjà en place dans les uni­ver­si­tés lyon­nai­ses : mul­ti­pli­ca­tion des frais annexes, locaux par­fois ina­dap­tés ou vétus­tes, pré­ca­ri­sa­tion accrue des per­son­nels… Sans parler du délire mana­gé­rial géné­ra­lisé au sein des facs, qui met en péril la qua­lité des ensei­gne­ments, et pré­tend dres­ser une hié­rar­chie entre des filiè­res « ban­ka­bles », capa­bles de fabri­quer de la chair à patron, et des filiè­res « para­si­tes ». Mais le cas de l’uni­ver­sité n’est pas isolé : ce sont aujourd’hui l’ensem­ble des ser­vi­ces publics qui subis­sent des refon­tes libé­ra­les et des coupes som­bres dans les bud­gets, refon­tes et coupes qui pro­vo­quent, pour la popu­la­tion, une dégra­da­tion conti­nuelle de condi­tions de vie déjà dif­fi­ci­les.

UNE SEULE LOGIQUE : NOUS FAIRE PAYER LA CRISE !

La dégra­da­tion conti­nuelle de nos condi­tions de vie et d’étude répond d’une logi­que géné­rale que nous devons garder à l’esprit, et qui nous oblige à agir dans le sens d’une lutte mas­sive, bien au-delà du seul cadre uni­ver­si­taire, car les bour­siers d’aujourd’hui sont aussi bien sou­vent les SMICards, les allo­ca­tai­res du RSA de demain, dans une uni­ver­sité de la repro­duc­tion sociale renou­ve­lée. Les termes volon­tai­re­ment flous « d’aus­té­rité », de « crise », de « réces­sion » ou de « crise de la dette » sont la réa­lité des clas­ses popu­lai­res : nous subis­sons l’aus­té­rité, nous payons leur crise, nous sommes en réces­sion, et nos comp­tes en banque ne seront pas ren­floués par le gou­ver­ne­ment. Le gou­ver­ne­ment, le patro­nat veu­lent que nous pen­sions dans les termes qu’ils ont choisi, ces termes sont ceux de l’urgence dictée par la crise, de la néces­sité de « faire des efforts » pour ceux qui vivent impu­né­ment de ces efforts depuis trop d’années. Il est temps de dicter col­lec­ti­ve­ment nos termes.

POUR LE PAIEMENT IMMEDIAT ET A DATE FIXE DES BOURSES, ET L’AUGMENTATION DE CELLES-CI EN NOMBRE ET EN VALEUR

CONTRE LE NON-VERSEMENT DES BOURSES DU MOIS DE DECEMBRE ET L’ABSENCE DE BUDGETISATION DU DIXIEME MOIS

CONTRE LES LOGIQUES DE PRIVATISATION DE NOS FACS

CONTRE LES POLITIQUES DE CRISE ET LA PRECARISATION GENERALISEE, QUI FRAPPE NOTAMMENT LES ETUDIANTS

Nous, étudiant-e-s mobi­lisé-e-s des uni­ver­si­tés de Lyon, appe­lons l’ensem­ble des étudiant-e-s à nous rejoin­dre le JEUDI 15 DECEMBRE :

à 13h30 devant la cafe­te­ria du site Lyon 2 Quais, afin de rejoin­dre la mani­fes­ta­tion uni­taire de l’éducation qui par­tira à 14h de la Bourse du Travail .

à 16h devant le CROUS de la Madeleine pour exiger le paie­ment des bour­ses.

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